Critique : Le Chasseur et la Reine des Glaces

reineDe Cédric Nicolas-Troyan avec Chris Hemsworth, Jessica Chastain et Emily Blunt 

La note des Cinévores : 1étoile

Préquelle, suite ou aventure parallèle ? C’est qu’on s’y perd ! Une chose est certaine : ce vrai-faux deuxième opus des épopées du Chasseur de Blanche-Neige brouille les pistes ; les créateurs ayant flairé le bon filon en exploitant la technique du cross-over. Ici, exit Blanche-Neige et bonjour la Reine des Neiges. Ou plutôt la Reine des Glaces. Une souveraine qui, bafouée par l’homme qu’elle aimait, voit son cœur bleuir sous le joug du givre. Afin de se venger du reste du royaume, l’héroïne meurtrie rameute une armée au taquet, peuplée d’enfants enlevés à leurs familles et destinés à devenir soldats une fois adultes. Parmi eux : le Chasseur… On appréciera la tentative de réadapter en live, pour un public plus mature, La Reine des Neiges, le fameux carton de Disney. Hélas, la transformation se révèle assez ratée. Malgré des effets spéciaux corrects et des costumes soignés, cette revisite de Cédric Nicolas-Troyan donne la désagréable impression de retourner à l’époque cheap de Xena la guerrière. Humour au ras des pâquerettes, action épileptique et bastons grotesques… Le Chasseur et la Reine des Glaces fait office de suite forcée et dispensable à un premier opus qui était (tout au plus) distrayant. A l’instar de son prédécesseur, les portes ouvertes des contes traditionnels y sont enfoncées avec la même obstination. Aucune surprise, peu de fraîcheur et des inspirations artistiques mal digérées, choisies comme devant un juke-box parmi Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones, Robin des Bois, Prince des Voleurs ou encore, plus surprenant, Indiana Jones. Mais ce qui est le plus rageant, c’est la mauvaise utilisation des acteurs principaux. Si Chris Hemsworth, qui a laissé au vestiaire sa cape de Thor, assure le minimum syndical (brassage d’air inclus), on regrette que le trio féminin soit autant en roue libre. Charlize Theron, Emily Blunt et Jessica Chastain, trois actrices parmi les plus en vue du cinéma contemporain, sont en effet totalement sous-employées. La première est même, disons-le, carrément zappée du navire. Malgré les efforts déployés, l’ensemble ne dépasse jamais les frontières du divertissement mollasson. On en reste de marbre. Ou de glace. Au choix.

François Rieux

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