Bande (très) originale : Pure Shores dans La Plage

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Chaque vendredi, Boris Tampigny du Blog Tranches de Son, nous fera (re)découvrir des chansons qui se sont tatouées à jamais sur la surface de la pellicule.

Longues plages de sables abandonnées, communauté de hippies tellement sympas au premier abord, le paradis avant l’enfer, le délice avant le purgatoire… La Plage est probablement l’un des films les plus cultes de Danny Boyle, au même titre que Trainspotting ou Slumdog Millionaire. Flash-back ! Début 2000, le cinéaste britannique adapte le roman homonyme d’Alex Garland avec un charme vénéneux et réunit au casting Leonardo DiCaprio et les Français Guillaume Canet et Virginie Ledoyen.

Avec La Plage, le maestro nous catapulte dans un éden inaccessible, ou comment un rêve peut nous glisser des doigts de façon brutale. Soit la métaphore du bonheur qui nous échappe au moment même où on en profite le plus. S’il y a une chanson qui symbolise le mélange de joie intense et de mélancolie poignante, c’est bien Pure Shores des All Saints, qui traverse le film. La plupart des réalisations de Danny Boyle sont montées comme des clips géants, des assemblages d’images vives et colorées. D’où la primordialité du choix de la musique !

Une chanson destinée à Madonna

Les premières secondes de la chanson font immédiatement remonter des souvenirs émus du film. Plus précisément celui du flirt interdit entre Virginie Ledoyen et Leonardo DiCaprio au clair de lune. C’est justement cette séquence qui a inspiré Shaznay Lewis, la chanteuse du girls band anglo-canadien formé en 1997. « Le film n’était pas encore terminé et on m’a montré un extrait de 40 secondes avec les deux acteurs en train de nager en apnée près d’une plage échouée. J’ai pris beaucoup de plaisir à composer cette chanson », explique-t-elle.

Pourtant, le producteur William Orbit, qui a contribué au côté vaporeux et aquatique de la mélodie, avait d’abord envisagé de donner la chanson à Madonna pour l’album Ray of Light, sorti deux ans auparavant. Il a bien fait d’y renoncer tant on y entend la patte des All Saints, leur facilité à composer des mélodies pop limpides, évidentes, qui s’incrustent durablement dans l’inconscient. A cette époque, le quatuor féminin, composé notamment des sœurs Appleton, marche sur l’eau. Sa participation à La Plage restera l’un des moments les plus épiques d’une carrière qui a connu un nouveau soubresaut en 2016, avec la sortie d’un nouvel opus après 10 ans d’absence.

Pour en revenir à ladite chanson, sa dernière minute constitue une jouissive montée en puissance allant de pair avec la dernière partie du film qui sombre dans la noirceur, le sang et le malaise. Aucun faux pas d’ailleurs pour le reste de la bande originale. On retrouve notamment New Order, Asian Dub Foundation, Underworld, le Porcelain de Moby ou le cauchemardesque Woozy de Faithless, qui colle si bien à l’ambiance apocalyptique et oppressante d’une échappée belle loin d’être idyllique. Comme quoi, les apparences sont souvent très trompeuses.

Boris Tampigny

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